Le métier de chargé de veille en 2014


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Toujours plus de besoins mais les pratiques de veille deviennent « ordinaires »

Il y a encore quelques années, rechercher de l’information sur internet, collecter, analyser, enrichir et diffuser la connaissance était un métier réservé à des spécialistes.

Aujourd’hui, beaucoup de collaborateurs dans l’entreprise ont accès à de l’information par Tweeter, par leurs réseaux sociaux habituels, aussi en utilisant plus ou moins bien des moteurs de recherches.

Ainsi, la veille devient aujourd’hui de moins en moins sacrée et d’ailleurs ce serait un risque de la sanctuariser même si, par exemple les Directeurs des Systèmes d’Information auraient tendance à le faire ne prenant que rarement en compte le fait que désormais n’importe qui peut avoir accès à la connaissance par ses propres moyens.

C’est aussi un problème des documentalistes. En effet, à trop segmenter les responsabilités (exemple du « documentaliste webmaster, le « documentaliste iconographe ») les documentalistes ont été relayés un peut loin dans l’entreprise pour gérer les documents ; en tout cas c’est ce qui apparaît  dans des études récentes sur ce métier de documentaliste.

Les pratiques deviennent ordinaires et le temps où les utilisateurs étaient impressionnés par les requêtes complexes avec l’utilisation de booléens et de langages spécifiques aux moteurs sollicités par les veilleurs devient révolu.

 

Toujours plus d’outils pour y répondre

L’aspect technique du métier commence aussi à changer et surtout le contexte comme les demandes s’affinent de plus en plus.

Cela remet en question la valorisation du métier de la veille et comment un veilleur peut arriver à mette en avant l’importance de son travail et entretenir aussi une légitimité pour l’exercer.

Il y a de plus en plus d’outils pour y répondre. Il y a de nombreuses plateforme de veille, de nombreux outils graphiques se développent.

Aujourd’hui ces plateformes permettent de traiter de manière automatique une grande partie du métier du veilleur.

La compétence technique de veilleur n’est plus son seul atout, ou alors il va rentrer dans des compétences très techniques comme par exemple tout ce qui va concerner la gestion de données et qui nécessite de s’intéresser aux outils de « strapping », les « crawler », de savoir cartographier l’information, etc.

Le veilleur se retrouve à mettre en avant sa technicité d’utilisation des outils alors qu’il ne sait pas réellement comment fonctionnent les outils qu’il utilise.

 

Donner du sens à l’information

L’intérêt du veilleur est d’aller au delà de fournir du résultat mais de se concentrer sur l’apport de valeur en produisant du sens à l’information, contribuant ainsi d’avantage à faire prendre des décisions stratégiques, sans oublier que l’objectif premier de la veille est de faciliter la prise de décisions.

Collecter les données, c’est à dire faire de la veille documentaire, a toujours de l’intérêt, mais de plus en plus, cela est automatisé et traité par les plateforme.  Sur ces aspects, le veilleur perd de son importance au sein de son entreprise.

Remplir des fiches Excel à longueur de journée ne présente plus d’intérêt pour le veilleur qui aspire à autre chose de plus valorisant !

La veille doit s’accompagner d’un travail managérial fort, c’est à dire faciliter l’accès et le partage de l’information, pour devenir stratégique.

 

Il y a de nombreuses approches à prendre en compte :

  • définir des contextes spécifiques,
  • produire des indicateurs,
  • accompagner les collaborateurs qui ont toujours tendance à aussi chercher eux-mêmes l’information,
  • Communiquer plutôt que de diffuser.

 

Le veilleur doit développer son rôle de « filtre humain », plus de bulldozer !

On compte sur lui pour trouver des « pépites », c’est à dire identifir des informations pertinentes au milieu d’une masse de plus en plus importante de données.

Les plateformes sont aussi de plus en plus considérées, non plus par rapport à leur capacité de faire remonter une montagne d’information, mais par rapport à leur capacité de filtrer l’information.

 

« Comment valoriser l’humain dans des entreprises focalisées sur les outils ?

La plupart de ces entreprises fonctionnent toujours selon une culture de l’ingénieur, dans des organisations qui ne se rassurent que par le chiffre alors qu’en fait, valoriser le travail humain va permettre de valoriser le métier de veille.

Sinon, ce ne sera que la capacité à utiliser des plateforme de veille qui va traiter l’information là ou le métier de veilleur ne se limite plus à presser des boutons et mettre des informations sur des powerpoint !

 

 

A propos de Camille ALLOING

Ancien diplômé de l’ICOMTEC et titulaire d’un Master « Intelligence Economique et Communication Stratégique », Camille Alloing a soutenu le 2 juillet dernier au sein de l’Université de Poitiers une thèse de Doctorat en Sciences de l’Information et de la Communication intitulée : « Processus de veille par infomédiation sociale pour construire l’e-réputation d’une organisation ». Spécialisé dans le domaine de l’e-réputation, il est aujourd’hui enseignant chercheur au sein de l’IAE de Poitiers.

Il anime aussi un blog dédié à l’e-réputation

  

Pour aller plus loin

Les métiers de l’information en 2014 : presser des boutons ou donner du sens ?

Sa thèse de doctorat sur l’e-réputation, la veille et la « curation »

 




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